Jelsi est un centre agricole d'environ 2000 habitants situé près du petit torrent Carapelle, affluent du fleuve Tappino, et à 23 km à l'est de Campobasso. Ses origines sont très anciennes. Selon certains historiens, elles remonteraient au VIIe siècle. En effet, pendant la domination des Lombards, des peuplades bulgares se seraient installées dans la région. Selon les mêmes historiens, le nom «Jelsi» dériverait de Tybicza, ville située au confluent du Tibisco et du Danube.
La partie plus ancienne de la ville, de forme quasi elliptique, se situe sur un rocher (il Ripo) qui domine la rivière Carapelle. Elle garde encore des pans de mur de l'antique enceinte fortifiée, des portes ainsi que des rues et ruelles à marches. Celles-ci débouchent sur une belle et vaste place centrale où se trouvent l'église Madre de Saint-André-Apôtre dont les premiers vestiges remontent au XIe siècle, le Palais Ducal (XVIe siècle) de la famille Carafa et la Chapelle de l'Annunziata où l'on peut admirer, dans sa crypte, des fresques représentant la vie du Christ (XIVe siècle). Le long de la rue principale, on peut admirer l'Hôtel Valiante. Lié au souvenir d'Andrea Valiante, courageux adversaire du régime des Borboni et qui participa activement aux mouvements insurrectionnels des Carbonari, cet édifice offre un exemple typique de maison fortifiée du XVIIIe siècle. Remarquables pour la couleur et la durée de leur floraison, des rosiers agrémentent la place centrale en face du Palazzo Civico et de la Tour de l'Horloge et entourent la Fontaine des «dauphins» ainsi que la rue principale. La partie plus moderne de la ville suit le parcours de la SS 17 et s'étend tout autour dans la campagne.
A presque un kilomètre de Jelsi se trouvent le Sanctuaire de la Madonna delle Grazie et le couvent des frères franciscains: c'est une oasis de paix et de spiritualité, dans un site riche en espaces verts et en sources d'eau. Tout le territoire de la ville, grâce à un important réseau de routes et de sentiers, invite à de longues randonnées qui permettent d'admirer de beaux points de vue toujours différents: des bois touffus, des petits lacs artificiels, des vallées sauvages pleines de fraîcheur, des hameaux parfaitement intégrés dans le paysage.
La population vit surtout de l'agriculture - 200 exploitations agricoles pour une population de 2000 personnes. Beaucoup plus nombreuse dans les années 50, elle a considérablement diminué à cause d'un fort mouvement migratoire. Les émigrants se sont surtout dirigés vers le Canada, les Etats-Unis et les Pays Européens où ils ont formé de véritables colonies qui gardent et renouvellent les traditions et les coutumes de leur terre d'origine.
Très liée à l'agriculture et aux anciens rites de remerciements pour la moisson, la Sagra del Grano (fête du blé) qui a lieu chaque année le 26 juillet, se fête pour remercier Sainte-Anne d'avoir sauvé Jelsi d’une destruction totale lors du tremblement de terre du 26 juillet 1805. Le défilé des «Traglie» (gros chars décorés exclusivement avec des épis de blé et représentant des scènes de la vie paysanne) est le clou de la fête; ceux-ci parcourent les rues de la ville décorée, elle aussi, de festons et de guirlandes d'épis. Autrefois, les chars étaient tirés par des bœufs et, à la place des roues, il y avait des patins de traîneau.
C'est toujours de l'agriculture que viennent les produits les plus célèbres de Jelsi: l'huile d'olive à acidité très basse, le vin du Macchione et de S. Martino, la charcuterie et les fromages. Un plat typique de la saison froide est la «panatella»; un mélange de légumes rehaussé de lard salé et de la pizza de maïs cuite sous le «seste» (coupe de métal que l'on recouvre de cendres chaudes et de charbon de bois et qui fonctionne comme un four). Parmi les gâteaux typiques, il y a les «peccellati» que l'on prépare pour Pâques et les «calzoni» de la Saint-Joseph (sorte d'enveloppe de pâte feuilletée fourrée avec un mélange de miel et pois chiches).